Par Yann Delepine, fondateur de Kumul
Tenir ses bonnes résolutions : ce qui marche vraiment

On ne tient pas ses bonnes résolutions parce qu’on les confie à la seule volonté, et qu’on les formule souvent comme un interdit. Ce qui marche est connu et assez simple : viser une chose à faire plutôt qu’une chose à arrêter, la caler à un moment précis, et avoir des personnes qui t’attendent ce jour-là. C’est ce que montrent les études, et c’est exactement ce que j’ai entendu en interrogeant des étudiants avant de construire Kumul.
Pourquoi on ne tient pas ses bonnes résolutions ?
« Ce week-end, je m’y mets. » Le sport, le musée, l’asso que je voulais rejoindre. Et le dimanche soir, rien. Je l’ai fait pendant des années : une liste d’envies qui ne bougeait pas, et un peu de culpabilité en prime le lundi.
En menant une série d’entretiens avec des étudiants, j’ai retrouvé la même histoire, presque mot pour mot. Ils ne manquent pas d’envies. Ils ne manquent même pas d’occasions : sur un campus, il se passe des choses toute la semaine. Ce qui manque, c’est autre chose :
- Un moment précis. « Ce week-end » n’est pas un rendez-vous, c’est une intention floue.
- Une chose à faire, pas seulement une chose à arrêter. « Moins scroller » ne dit pas quoi faire de la soirée.
- Quelqu’un qui compte sur toi. Seul, rater une fois ne coûte rien. Et une fois devient dix.
Qu’est-ce que les gens ont déjà essayé ?
Au début, je faisais l’erreur classique : je présentais mon idée et j’attendais qu’on me dise qu’elle était géniale. On me le disait, et ça ne valait rien. Le livre « The Mom Test », de Rob Fitzpatrick, m’a appris à poser une autre question : pas « est-ce que tu utiliserais ça ? », mais « qu’est-ce que tu as déjà essayé pour y remédier ? ».
Là, les vraies réponses sortent. Sur le temps passé sur le téléphone, qui revenait sans cesse, elles tournaient autour des mêmes tentatives :
| Ce qu’ils ont essayé | Ce qui se passe ensuite |
|---|---|
| Les limites de temps d’écran du téléphone | On repousse d’un « encore 15 minutes », puis on les désactive |
| Une appli qui bloque les autres applis (Opal, par exemple) | Elle retire la tentation, mais ne dit pas quoi faire à la place |
| Désinstaller TikTok ou Instagram le dimanche soir | On réinstalle quelques jours plus tard |
| Se promettre de s’y mettre « la semaine prochaine » | Des semaines entières de promesses, sans rendez-vous fixé |
Ces réponses m’ont appris deux choses. Le problème est réel, puisque les gens ont déjà dépensé de l’énergie à le régler. Et la volonté seule ne suffit pas : retirer une habitude laisse un vide, et une soirée vide se remplit toujours avec la chose la plus facile.
Si c’est le téléphone qui te pose problème, on a comparé les outils dans notre article sur les applications pour arrêter de scroller.
Vaut-il mieux se fixer un objectif « à faire » ou « à arrêter » ?
À faire. C’est l’intuition que j’avais en écoutant les étudiants, et une étude l’a mesurée à grande échelle.
En 2020, des chercheurs suédois ont suivi 1 066 personnes pendant un an après leurs résolutions du Nouvel An (Oscarsson et al., revue PLOS ONE). Ils ont comparé deux façons de formuler un même but :
- Viser quelque chose (« je vais courir deux fois par semaine ») : 58,9 % ont tenu.
- Éviter ou arrêter quelque chose (« je vais arrêter de grignoter ») : 47,1 % ont tenu.
Au bout d’un an, 55 % des personnes qui ont répondu estimaient avoir tenu leur résolution. Ce n’est donc pas une cause perdue : c’est surtout une question de formulation.
Concrètement, transforme chaque interdit en rendez-vous :
| Au lieu de... | Essaie plutôt... |
|---|---|
| « Moins scroller le soir » | « Le mardi à 19h, je vais au foot » |
| « Arrêter de réviser au dernier moment » | « Le jeudi, je révise deux heures avec deux personnes de ma promo » |
| « Ne plus rester enfermé le week-end » | « Le samedi matin, je vais courir au parc avec un groupe » |
Est-ce plus facile de tenir une résolution à plusieurs ?
Oui, et de beaucoup. En 1999, une étude américaine (Wing et Jeffery, Journal of Consulting and Clinical Psychology) a suivi 166 personnes engagées dans un programme de perte de poids. Certaines étaient venues seules, d’autres avec trois amis ou proches.
| Venues seules, programme standard | Venues avec des proches, programme avec soutien | |
|---|---|---|
| Ont suivi le programme jusqu’au bout | 76 % | 95 % |
| Ont gardé tout le poids perdu, du 4e au 10e mois | 24 % | 66 % |
L’étude porte sur le poids, pas sur toutes les résolutions. Mais le mécanisme parle à tout le monde : une séance seul, tu la sautes au premier imprévu. Quand trois personnes t’attendent à 7h au parc, tu y vas, même sans envie.
On croit qu’il nous manque de la discipline. La plupart du temps, il nous manque des gens qu’on ne veut pas laisser tomber. On détaille comment trouver cette personne dans notre article sur le partenaire de motivation.
Comment tenir une résolution, concrètement ?
Voici la méthode que je retiens, des études comme des entretiens :
- Une seule résolution à la fois. Trois chantiers ouverts en même temps, c’est trois raisons de tout lâcher.
- Formule-la comme une chose à faire, pas comme un interdit.
- Donne-lui un jour, une heure et un lieu. « Mardi 19h, au gymnase » plutôt que « cette semaine ».
- Trouve au moins une personne qui t’attend. Un ami, quelqu’un de ta promo, un groupe qui existe déjà.
- Autorise-toi à rater une fois. Une semaine manquée n’est pas un échec, c’est une semaine. Ce qui compte, c’est le rendez-vous suivant.
La rentrée est un bon moment pour s’y mettre : les emplois du temps se fixent, les groupes se forment, et tout le monde cherche encore ses habitudes.
Pourquoi j’ai construit Kumul autour de cette idée ?
Parce que toutes ces réponses disaient la même chose : les gens n’ont pas besoin d’une appli de plus qui leur dit non. Ils ont besoin d’une raison de dire oui à autre chose, avec quelqu’un.
Sur Kumul, tu vois les activités proposées autour de toi, en sport comme pour les études et les projets, et tu les rejoins en un geste. Si ce que tu cherches n’existe pas, tu le proposes, et d’autres te rejoignent. Ta résolution devient un rendez-vous, avec des personnes qui comptent sur toi. C’est gratuit pour les étudiants.
Tu as une résolution qui traîne depuis la rentrée ? Crée ton compte et trouve quelqu’un avec qui la tenir dès cette semaine.
Questions fréquentes
Parce qu’on compte sur la volonté seule, et qu’on formule souvent un interdit (arrêter, moins de) au lieu d’une chose à faire. Un interdit laisse un vide, et la volonté s’épuise au premier soir difficile.
Une chose à faire. Dans une étude suédoise sur 1 066 personnes publiée en 2020, 58,9 % de celles qui visaient un objectif à atteindre ont tenu, contre 47,1 % de celles qui voulaient éviter ou arrêter quelque chose.
Oui. Dans une étude américaine de 1999, 95 % des participants venus avec des amis et accompagnés ont suivi le programme jusqu’au bout, contre 76 % de ceux venus seuls, et ils étaient bien plus nombreux à tenir dans la durée.
Choisis une seule résolution, formule-la comme une chose à faire, fixe un jour et une heure, et trouve au moins une personne qui t’attend ce jour-là. Le rendez-vous tient là où la motivation lâche.
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