Par Yann Delepine, fondateur de Kumul
Solitude étudiante : les chiffres, et comment en sortir

La solitude étudiante est fréquente et bien documentée : en France, plus d’un appel sur trois reçu par la ligne d’écoute Nightline porte sur la solitude et les difficultés relationnelles, la plus forte proportion des six pays européens étudiés. Elle tient moins à un défaut personnel qu’à un manque d’occasions, avec moins d’espaces pour se retrouver et des sorties plus chères. Pour en sortir, deux leviers : en parler (Nightline, Santé Psy Étudiant et ses séances de psychologue gratuites), et se donner un rendez-vous régulier pour retrouver les mêmes personnes autour d’une activité.
Combien d’étudiants se sentent seuls ?
Plusieurs enquêtes récentes mesurent le problème, chacune à sa façon. Leurs méthodes sont différentes : on ne les additionne pas, on les lit côte à côte.
| Source | Ce qu’elle mesure | Le chiffre |
|---|---|---|
| Nightline Europe, rapport 2026 | Plus de 23 000 appels et tchats d’étudiants en 2025, dans 6 pays | En France, plus d’un contact sur trois porte sur la solitude et les difficultés sociales, record des pays étudiés |
| OVE, enquête Bien-être et santé 2024 | État de santé des étudiants en France | Un tiers présentent des signes de détresse psychologique ; près d’un sur deux a traversé au moins deux semaines d’affilée à se sentir triste, déprimé ou sans espoir |
| Fondation de France, étude Solitudes 2025 | Toute la population française | 24 % des Français se sentent seuls |
Le chiffre de Nightline est le plus parlant pour les étudiants : quand ils appellent une ligne tenue par d’autres étudiants, plus d’une fois sur trois, c’est pour parler de solitude ou de difficultés avec les autres.
Pourquoi les étudiants se sentent-ils seuls ?
Le rapport Nightline, repris par L’Étudiant en juillet 2026, pointe des causes très concrètes :
- Moins d’espaces collectifs dans les résidences Crous, donc moins de rencontres sans rendez-vous.
- Un intérêt en baisse pour les sports collectifs, qui étaient une porte d’entrée naturelle vers un groupe.
- Le coût de la vie, qui réduit les sorties.
Un psychologue cité dans l’article le résume ainsi : les étudiants ont « moins d’espaces de rencontre ».
S’y ajoute le passage aux études. En première année, on arrive souvent dans une ville inconnue, dans des amphis où l’on ne connaît personne. L’Étudiant a publié en février 2025 des témoignages d’étudiants qui racontent cet isolement tout au long de leur premier semestre.
Ce que nous avons entendu en interrogeant des étudiants va dans le même sens. Ils ne manquent pas de gens autour d’eux : un campus en compte des milliers. Ils manquent d’un endroit où voir ce qui se passe, parce que l’information est éparpillée entre les mails de l’administration, les affiches, le bouche-à-oreille et une dizaine de comptes Instagram. Alors on ne cherche pas, et on reste chez soi.
Vers qui se tourner quand ça ne va pas ?
Se sentir seul n’est pas une maladie, mais ça pèse, et en parler aide déjà. Selon l’OVE, deux étudiants sur dix ne savent pas où s’adresser. Voici les ressources gratuites :
| Ressource | Ce que c’est | Comment y accéder |
|---|---|---|
| Nightline | Service d’écoute nocturne tenu par des étudiants bénévoles | nightline.fr |
| Santé Psy Étudiant | Douze séances gratuites par an avec un psychologue partenaire, renouvelables, sans passer par un médecin | santepsy.etudiant.gouv.fr, puis rendez-vous direct |
| Le service de santé de ton établissement | Consultations, prévention, orientation | Sur le site de ta fac ou de ton école |
Si tu te sens en danger, n’attends pas : parles-en tout de suite à un professionnel de santé.
Comment sortir de la solitude quand on est étudiant ?
Ce qui crée le lien, ce n’est pas une grande soirée où l’on croise cinquante personnes. C’est de revoir les mêmes personnes, plusieurs fois, autour de quelque chose qu’on fait ensemble. Quelques pistes :
- Choisis une activité qui revient chaque semaine. Même jour, même heure, même lieu : c’est la répétition qui transforme des inconnus en visages familiers.
- Pars de ce que tu aimes. Un sport, des révisions, un projet : tu auras un sujet de conversation tout trouvé.
- Regarde ce qui existe déjà : les associations et le BDE, le service des sports de ta fac, les groupes de révision de ta promo.
- Dis oui une fois par semaine. Une proposition, une invitation, un « quelqu’un vient courir ? ». Le premier oui est le plus dur.
- Propose toi-même. Beaucoup de gens attendent que quelqu’un lance. Une séance de révision à la BU ou un foot à cinq suffit.
On donne des gestes précis pour les premiers jours dans notre article sur comment se faire des amis à la fac.
Que peuvent faire une école, une asso ou un BDE ?
La solitude étudiante n’est pas qu’une affaire individuelle. Les établissements et les associations ont un vrai rôle, surtout au premier semestre :
- Rendre les activités visibles au même endroit, plutôt que dispersées entre dix canaux.
- Proposer des rendez-vous réguliers plutôt que des événements uniques : un créneau hebdomadaire retient mieux qu’une grande soirée d’intégration.
- Aller chercher les premières années dès les premières semaines, quand les groupes se forment.
- Savoir qui vient, pour relancer ceux qui ne sont venus qu’une fois.
Pour les associations qui organisent tout sur des groupes de messagerie, on a comparé les outils dans notre article sur les alternatives à WhatsApp pour une association.
Où Kumul intervient-il ?
Soyons clairs : Kumul ne soigne personne et ne remplace ni une ligne d’écoute ni un psychologue. Notre rôle est plus simple. Sur Kumul, tu vois les activités proposées autour de toi, en sport comme pour les études et les projets, et tu les rejoins en un geste. Si rien ne te correspond, tu proposes la tienne, et d’autres te rejoignent. Les associations et les BDE y publient les leurs.
Ce qui manque le plus aux étudiants, ce ne sont pas les gens. Ce sont les occasions simples de les retrouver. Crée ton compte et vois ce qui se passe près de toi cette semaine.
Questions fréquentes
Oui. En France, plus d’un appel sur trois reçu par Nightline, la ligne d’écoute tenue par des étudiants, porte sur la solitude et les difficultés relationnelles, la plus forte proportion des six pays étudiés dans son rapport européen de 2026.
Le rapport Nightline cite surtout un manque d’occasions : moins d’espaces collectifs dans les résidences, un intérêt en baisse pour les sports collectifs et un coût de la vie qui réduit les sorties. L’arrivée en première année, dans une ville et des amphis qu’on ne connaît pas, est aussi un moment difficile.
Tu peux appeler Nightline le soir pour parler à un étudiant bénévole, et voir un psychologue gratuitement avec Santé Psy Étudiant : douze séances par an, sans passer par un médecin. Le service de santé de ton établissement peut aussi t’orienter.
Choisis une activité qui revient chaque semaine, au même endroit et à la même heure, plutôt qu’une soirée isolée. Revoir les mêmes personnes crée le lien. Tu peux rejoindre une asso, le service des sports, ou une activité proposée près de toi sur Kumul.
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